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Les cours pour pratiquer la prostitution ont débuté


Vendredi 5 Octobre 2018 - 16:44


L'association Aspasie dispense depuis lundi des séances d'information pour les pros du sexe arrivant au bout du lac.


Connaître les règles de base du «safer sex», prévenir les violences sur le lieu de travail ou encore savoir comment négocier les prix: c'est ce que peuvent apprendre, entre autres, les prostituées et prostitués nouvellement venus à Genève. Suite à la modification de la loi en 2017, ceux-ci ont pour obligation de suivre des cours de sensibilisation et de prévention.


Les associations Aspasie et SOS Femmes ont mis sur pied un projet pour répondre à cette nouvelle exigence. Des séances ont lieu depuis le 1er octobre dans les locaux d'Aspasie, aux Pâquis. Elles ont pour but d'informer sur les principaux sujets liés à la prostitution tels que la santé, les droits et devoirs, la sécurité, les adresses utiles ou encore faire connaître les ficelles du métier.


Si elles sont obligatoires pour celles ou ceux qui débutent dans le canton, ces séances sont aussi ouvertes aux péripatéticiennes ou péripatéticiens déjà établis, indique Isabelle Boillat, coordinatrice d'Aspasie: «C'est déjà arrivé cette semaine», précise-t-elle.


Près de 1300 inscriptions par an 

Le nombre de prostituées et prostitués nouvellement inscrits à Genève s'élève à environ 1300 par an, indique Isabelle Boillat, qui se base sur les chiffres de la police cantonale. Celle-ci procède à ces inscriptions chaque matin entre 10h et midi. Jusqu'à huit personnes par jour peuvent s'enregistrer. La proportion de femmes est largement majoritaire: les hommes représentent 4% des travailleurs du sexe. Les trans ne sont pas pris en compte dans ces chiffres, la police ne répertoriant que le sexe figurant sur l'Etat civil, précise Isabelle Boillat.

Des profils très divers

Les cours sont donnés du lundi au vendredi par une équipe de sept personnes dans les langues les plus pratiquées dans la prostitution genevoise: français, anglais, roumain, espagnol, portugais, hongrois, italien, allemand.

Aspasie rappelle que ces séances s'adressent à des personnes de multiples nationalités dont les expériences dans le métier sont très diverses: «Certaines ont pu exercer cette activité depuis de nombreuses années dans d'autres cantons ou pays, d'autres à l'inverse débutent dans cette activité.»

Guide pratique

Un guide en huit langues regroupant toutes les informations utiles est remis aux participants après chaque séance. Une version web est aussi disponible sur le site d'Aspasie.

Le coût du projet, soutenu par la Ville, le Canton, la FedPol et la Loterie Romande, s'élève à 150'000 francs pour 2018. Cette somme annuelle devrait baisser par la suite, étant donné qu'il s'agissait cette année du lancement, Isabelle Boillat. Un premier bilan du dispositif devrait être tiré d'ici la fin de l'année.




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